Le programme KETOS, qui signifie « cétacé » en grec, a pour vocation de fournir des kits de sciences participatives aux usagers de la mer afin de recueillir des données utiles pour la sauvegarde des cétacés. Lorsque l’on parle de cétacé, nous entendons bien souvent baleine ou dauphin. Mais savez-vous qu’il existe en réalité plus de 80 espèces de cétacés réparties dans le monde entier ? De la marina vaquita mesurant moins d’1m50 à la baleine bleue mesurant plus de 30m de longueur, le groupe des cétacés est bien plus diversifié que ce que l’on peut croire. Difficile d’apprendre à connaître chacun de ces êtres fascinants! D’autant plus que les cétacés passent l’essentiel de leur vie sous l’eau, ce qui complique le travail des scientifiques. Pour les décrypter, les scientifiques doivent ainsi utiliser plusieurs méthodes complémentaires telles que la photo-identification, le suivi satellitaire, le suivi des échouages ou encore la bioacoustique. Le projet KETOS est un projet de sciences participatives ayant pour objectif de collecter des données, qui seront mises à disposition du public ainsi qu’aux chercheurs, gestionnaires du milieu marin ou bureaux d’études afin de faire avancer la connaissance sur les cétacés.

Contexte et enjeu

La pollution sonore, la dégradation des habitats, les collisions et les prises accidentelles sont autant de menaces mettant en péril les populations de cétacés. Pourtant, près de la moitié des espèces ont été classées dans la catégorie “Données insuffisantes” de la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), en raison du manque de connaissances et de données disponibles. En effet, les cétacés sont répartis dans toutes les eaux du globe. Or, recueillir des données en pleine mer est difficile et coûteux. L’implication des citoyens peut aider à pallier ce manque de données en complétant la couverture spatiale et temporelle en mer.

Objectifs

  • Étudier l’aire de répartition, les densités relatives et les mouvements saisonniers de différentes espèces de cétacés
  • Améliorer les connaissances sur la communication des cétacés
  • Participer au développement des catalogues d’identifications des différents observatoires de mammifères marins
  • Diffuser un protocole d’observation validé scientifiquement
  • Impliquer les citoyens dans une démarche scientifique
  • Sensibiliser le public à la sauvegarde des cétacés

Kit de mesure

Pour collecter les données, un kit de mesure sera fournit aux équipiers. Ce kit sera composé de :

  • Plaquette immangeable d’identification des espèces de la zone d’étude avec arbre d’identification des espèces (disponible en français et en anglais)
  • Guide d’approche des cétacés (disponible en français et en anglais)
  • Livret pédagogique (disponible en français et en anglais)
  • Fiches d’observations
  • Jumelles
  • Appareil photo
  • Stylo
  • Kit acoustique composé d’un hydrophone directionnel, d’un hydrophone tracté, un amplificateur et des écouteurs

Comment ca marche ?

Ce programme est organisé autour de deux axes : La photo-identificationLa photo-identification est une des premières techniques de suivi des cétacés utilisées. Elle repose sur l’existence de caractères morphologiques globalement stables ou ne se modifiant que très peu dans le temps, telle que la forme de la nageoire, permettant une identification de chaque individu.La collection des photographies d’individus donne des renseignements sur l’abondance et le déplacement des animaux. Cette méthode est cependant limitée par les conditions météorologiques, l’état de la mer et la visibilité. L’acoustique passiveL’acoustique passive consiste à enregistrer tous les sons présents dans le milieu marin à l’aide d’un hydrophone puis identifier les signaux spécifiquement émis par des cétacés. Ces signaux sont ensuite analysés en fonction de leurs caractéristiques fréquentielles, de leurs formes et de leurs durées. Les sons produits par les cétacés diffèrent selon les espèces et les populations. Ils peuvent être de type impulsif (clics, tics, bourdon) ou continu (sifflements, cris, mugissements) ou une succession des deux. L’analyse de ces signaux permet notamment d’étudier la distribution géographique et saisonnière des cétacés identifiés. Elle ne permet cependant pas encore d’estimer l’abondance absolue, c’est-à-dire le nombre d’individus dans une zone définie. Cette méthode alternative présente l’avantage de recueillir des données quelles que soient les conditions environnementales. Elle permet également d’enregistrer la présence d’espèces peu démonstratives et difficiles à observer comme le marsouin commun. Formés au protocole d’utilisation des outils mis à disposition, les équipiers embarqueront à bord d’un voilier de plaisance afin de recueillir des données visuelles et acoustiques sur les cétacés. Pour la partie photo identification (photo-ID) du programme, le principe est simple : remplir les champs de la fiche d’observation (date, heure, localisation, état de la mer, numéro de la photo-ID…) et si possible prendre une photo de la nageoire caudale ou dorsale (en fonction de l’espèce rencontrées). Pour la partie acoustique, le protocole est en cours de définition et de validation en collaboration avec les chercheurs. Les citoyens pourront renseigner leurs données au moyen d’une plateforme en ligne reliée à une base de données. Les données collectées par les citoyens seront ensuite mises à dispositions des chercheurs afin qu’elles soient validées, corrigées si nécessaire puis analysées. Les résultats seront valorisés par des publications scientifiques et des rapports rédigés par les gestionnaires de zones protégées, s’appuyant sur les données collectées par les plaisanciers. Les observateurs pourront suivre l’avancement du projet directement sur le site d’Astrolabe expéditions, via la diffusion des documents produits ainsi que par la visualisation des données sur une carte de répartition des espèces et des statistiques des observations.

Statut du programme
Protocole d’observation visuelle disponible sur demande.
Kits acoustique non disponibles, en cours de prototypage.
Partenaires
• Scientifiques : Lab-STICC UMR 6285 (CNRS/ENSTA Bretagne) et Institut Jean Le Rond d’Alembert (CNRS/Sorbonne Université)